Sauvegarde, image disque, clonage

Sauvegarder consiste à enregistrer dans un endroit sûr : à en avoir le double, sur un autre support si possible éloigné du premier.
Sauvegarder = se prémunir contre le vol, contre la perte, contre l’accident, contre la défaillance de l’ordinateur, du disque dur…
Sécuriser ses données et son système passe par leur sauvegarde régulière.

Cela concerne d’abord et surtout ses données personnelles, que l’on est seul à posséder et qui disparaitraient en cas d' »accident ».
Cela concerne aussi son système et la manière dont on l’a personnalisé (on peut toujours réinstaller son système, mais c’est long de le remettre dans l’état où il était avant le crash !).

Sauvegarde, image disque, clonage

Ces trois termes désignent des modes de sauvegarde.

La sauvegarde (simple) désigne le stockage dans un autre endroit (que l’enregistrement habituel), de ses données : textes, photos, vidéos, musique…

L’image disque et le clonage sont des opérations de sauvegarde particulières du système (O.S., paramétrages, logiciels, …) destinées à pouvoir restaurer ou dupliquer celui-ci en cas de besoin.

Dans cet encart, pour ceux qui veulent en savoir plus :


Image disque et clonage

Une image disque est une sauvegarde de tout le contenu d’un disque ou d’une partition à un autre emplacement, en un seul fichier. Le système d’exploitation complet ainsi que tous les programmes installés et les paramètres seront également sauvegardés.

Avantages : un seul fichier contient l’ensemble des données sauvegardées à un moment donné, et on peut restaurer cette image en cas de défaillance du système en place, pour revenir à ce qu’il était au moment de la création de l’image. On peut faire des images disque périodiquement. Les images disque peuvent être comprimées pour gagner de la place sur le support de sauvegarde. On peut les protéger par un mot de passe.
Inconvénient : la restauration d’une image disque nécessite d’utiliser le même logiciel que celui qui a effectué sa création.

Un clonage consiste à faire une copie immédiate du disque (ou de la partition) directement sur un autre disque ; il transforme le disque cible en un clone parfait du disque source : c’est une duplication, une reproduction à l’identique du disque source.
On l’utilise donc essentiellement pour changer de disque (un vieux pour un neuf, un HDD pour un SSD, un petit pour un plus grand).
Le disque cible doit être neuf ou vide, aussi grand ou plus que le disque source (certains logiciels payants permettent de contourner cette contrainte), car il ne contiendra que ce qu’il y a dans le disque source, avec sa structure et ses divisions.

Avantages : on peut se servir immédiatement du clone, comme si c’était le disque d’origine. Si on a cloné le disque système (C:), on peut remplacer l’ancien disque par le nouveau et s’en servir comme si c’était le même. Dans une organisation, on peut dupliquer la même configuration sur tous ses ordinateurs.
Inconvénients : on duplique à l’identique, donc on ne compresse pas les données, on ne peut pas faire de clonage incrémentiel ni différentiel, on ne peut pas avoir plusieurs versions successives. Et ça occupe plus d’espace qu’une image disque. Si ce n’est pas pour un usage immédiat, mais par précaution, cela immobilise un disque dur (ou en tous cas une partition). Surtout, cela reproduit les caractéristiques de la machine donneuse, qui peuvent ne pas s’appliquer à la machine receveuse (alors qu’une installation du système tient compte des caractéristiques hardware de l’appareil).

Les deux opérations sont donc complémentaires :

  • des images disque pour garder en réserve l’intégralité de son ordinateur, avec la possibilité de faire rapidement des sauvegardes incrémentielles/différentielles pour rester « à jour » ;
  • un clonage du disque système pour être opérationnel rapidement en cas d’urgence.

Passer à la pratique

Conditions préalables

Il faut disposer d’un support extérieur à son ordinateur, même si l’on peut à la rigueur utiliser une deuxième disque interne. Mais il est bien sûr conseillé d’utiliser un support externe et si possible éloigné. Voici un schéma de solutions possibles :


Il est préférable que ce support externe soit dédié à cette fonction de sauvegarde : un portable ou un autre ordinateur domestique ne sont pas forcément des solutions idéales, même si elles permettent de se constituer un double « ailleurs ».

D’autres considérations sont à prendre en compte : le support doit être à la fois facile d’accès, pour que les opérations de sauvegarde puissent être programmées et réalisées sans effort, et à l’abri des risques de vol, d’infection virale, de panne du disque dur, etc. Ces deux exigences sont assez contradictoires, il faut donc y réfléchir pour trouver la solution qui vous convient.
Le « cloud » est évidemment tentant : proche et lointain. La question ici est celui de la sécurité et de la confidentialité de votre hébergement : à qui confiez-vous vos précieuses données ? et qui peut y avoir accès à part vous ? Plusieurs des tutos mentionnés dans l’article en parlent.
Cela ne se limite pas à l’espace de stockage en ligne, mais concerne en plus le transfert des données vers/de l’espace de stockage en ligne. Il faut donc des mesures de chiffrement du réseau et des données qu’on envoie !

C’est évidemment plus compliqué que de sauvegarder sur un disque externe, une clé USB, voire un disque en ligne (sur sa box TV). C’est donc ce que je recommande pour les usagers de l’EPN.

Comment procéder

On peut bien sûr copier/coller « à la main » tous ses fichiers depuis le dossier source (par ex. C: \utilisateurs\Viviane\) vers le dossier destination (G: disque externe\). C’est une solution possible pour ses dossiers personnels, à condition d’en avoir peu et de les avoir bien rangés. Mais ça prend du temps, c’est fastidieux, et on risque d’en oublier et de s’emmêler les pinceaux.
Pour la réalisation d’images disque et de clonages, cette solution est exclue : Il faut des programmes « qui sachent faire ».

Pour la sauvegarde des données

A l’EPN, on s’est entraîné à utliser Syncback. Mais je signale un autre logiciel, Echosync, qui est peut-être plus facile pour apprendre seul. Ce sont deux logiciels gratuits.

Echosync : C’est un logiciel portable (c’est-à-dire un exécutable qu’il n’y a pas besoin d’installer dans Windows), éditeur Luminescence Software, gratuit sans être open source, français, qui fonctionne sous Windows 7, 8.x, 10. La version en mars 2018 est la v. 5.0.0.0
La page d’accueil fournit un survol du processus de sauvegarde, et une documentation sous forme de FAQ détaille les points importants. Son interface est très ergonomique, conçue pour être facilement accessible et pour éviter de se tromper. Je vais sans doute faire un tuto pas-à-pas, n’hésitez pas à me le réclamer, ça m’obligera à avancer !

Pour l’avoir testé et fait utiliser à des néophytes, il marche très bien pour faire des sauvegardes différentielles/incrémentielles et de la synchronisation. Et pour faire des sauvegardes simples, il est excellent.

SyncbackFree : un logiciel puissant, qui permet de faire de simples sauvegardes (comme on s’y limite à l’EPN), mais qui possède de nombreuses fonctionnalités pour les connaisseurs. En version 8.5.33 en mars 2018, éditeur 2BrightSparks, gratuit, français disponible pour le logiciel même si le site est malheureusement entièrement en anglais, qui fonctionne de Windows Vista à 10 en 32 ou 64 bits, La version gratuite pour les particuliers est bien suffisante.
On trouve de nombreux tutos, dont certains trop anciens n’auront pas la même interface (mais le processus est le même). J’ai retenu les deux suivants, l’un pour la clarté des opérations de sauvegarde, l’autre parce qu’il en dit un peu plus sur l’utilisation de la sauvegarde.

  • Celui de tech2tech : bien détaillé pour réaliser une  sauvegarde simple,
  • Celui de Hardware s’intéresse aussi à la restauration des données, et il détaille la procédure, plus complexe, des sauvegardes de type miroir.

Pour les vieux PC qui sont encore sous Windows Vista ou même XP, utiliser Cobian Backup, l’actuelle version 11 (Gravity) fonctionne de XP à 10, mais l’éditeur propose sur son site toutes les versions antérieures, qui peuvent servir pour les vieux ordis.
Un tuto très détaillé en français : https://openclassrooms.com/courses/protegez-l-ensemble-de-vos-donnees-sur-votre-ordinateur-1/tp-planifiez-vos-sauvegardes-avec-des-outils-libres. Seul point à ne pas forcément suivre dans le tuto, celui-ci propose de l’installer en « service », ce qui fait qu’il restera actif sur l’ordi tout le temps. Ce n’est pas utile pour vous, surtout sur un vieil ordi : préférez l’installer en « application », ce qui permet de le lancer quand on décide de faire une sauvegarde. Le (bon) lien de téléchargement est donné sur le tuto.

Pour compléter cette partie sur la sauvegarde des données, le site LibèreTonOrdi donne de précieux conseils, en plus de suggérer d’autres utilitaires que ceux que j’ai privilégiés.

Pour effectuer des images disque

Les deux opérations (image disque et clonage) sont techniquement très voisines, ce sont donc souvent les mêmes programmes qui font les deux. Sauf que les éditeurs vendent leur produit, en laissant souvent la fonction d’image disque gratuite… Attention cependant aux « versions d’essai », qui ne sont le plus souvent que des appâts bridés et plus ou moins inutilisables.

Attention encore : certains programmes ne fonctionnent que si l’on est sous Windows 7 ou antérieur, parce qu’ils travaillent sur le BIOS et le MBR, alors que vous avez besoin de programmes qui prennent en charge l’UEFI et le GPT si vous êtes sous Windows 8 à 10.
Pour plus d’info sur ce point, voir par ex. ce qu’en dit Culture-informatique.

Avant d’effectuer une image disque ou un clonage, il est vivement recommandé de faire un sérieux nettoyage de son système, de supprimer les programmes dont on ne se sert pas, de mettre à jour ses logiciels, de s’assurer que tout est bien fonctionnel. Si votre système n’est pas sur un SSD, faites également une défragmentation. Des utilitaires comme CCleaner et Revo Uninstaller sont recommandés pour ces opérations. Faites aussi un scan intégral avec votre antivirus. Tout cela évitera au maximum de transférer des cochonneries et des sources de dysfonctionnement, et peut-être d’éviter des erreurs ou des échecs de restauration… dont on ne s’aperçoit évidemment que lorsque l’on essaie de restaurer son système et qu’il est trop tard.

On peut d’abord se servir de l’utilitaire intégré dans Windows : Sauvegarder et restaurer, accessible depuis le panneau de configuration. Voici le lien vers le site de Microsoft qui explique comment faire. Sinon, on trouve des tutos, par ex. pour Windows 7, et pour Windows 10.

  • Avantages : pas besoin de chercher sur internet (et pas de risques à télécharger d’éventuels malwares ou autres sollicitations commerciales), bonne intégration avec le système en place, si bien que Windows peut suggérer la restauration d’une image disque en cas de problème.
  • Inconvénients : lent et lourd, difficile à paramétrer finement, et les images occupent beaucoup d’espace disque !

Programmes externes recommandables, en version gratuite :

Aomei Backupper standard : simple et efficace, en français. En mars 2018, v. 4,0,6

On trouve un tuto sur CultureInformatique. Mais le site d’Aomei donne déjà pas mal d’infos ; quoique sans distinguer la version gratuite de leur offre. Par ex. le clonage n’est pas possible dans la version gratuite.

EaseUs Backup Free suffit pour les images disque, mais il faut passer à la version « home » non gratuite pour le clonage.
Les tutos que l’on trouve sont souvent « sponsorisés » par la compagnie EaseUs, et la démarche d’installation de la version gratuite suppose à la fois une inscription (que vous pouvez certes falsifier pour éviter les relances), et de subir leur présentation de l’intérêt majeur de passer à la version payante. Ceci dit, le soft présente des fonctionnalités réellement intéressantes, comme le test de l’image sauvegardée. Voici un tuto, mais il en existe quantité d’autres.

Clonezilla est libre, open source et gratuit peut faire aussi bien les images que le clonage. C’est notre logiciel de référence pour ces deux opérations ; cependant, élaboré pour le monde Linux, son interface risque de vous rebuter. Demandez de l’aide à vos animateurs !

Pour les vieux ordinateurs (qui ont un BIOS et un MBR, donc jusqu’à Windows 7), on peut utiliser Cobian Backup et Redo Backup. On trouve de nombreux tutos, par ex. celui de Crabe.info pour Redo Backup.

Sous Linux (en live CD ou sur SystemRescueCD) , Partimage ou Partition Saving. Souvent préinstallés, sinon les télécharger en passant par les dépots.

Pour effectuer un clonage

Perso, j’utilise fréquemment la version offerte avec l’achat d’un SSD Crucial d’Acronis True Image (qui est bloquée sur la version 2015, suffisante pour l’opération). Les SSD Samsung sont proposés avec SSD Magician, les Intel utilisent Data Migration Software, très bon aussi ; par contre, Transcend SSD Scope ne semble pas du tout apprécié.

Sinon on peut utiliser :

Clonezilla : l’incontournable si l’on veut du Libre/open source. Le site est en anglais mais le programme se met en français. Prendre la version alternative stable si vous êtes sous Windows 7 ou antérieur, et l’AMD64 version of alternative si vous êtes sous Windows 8 ou 10 (UEFI). Puis faire si possible un checksum avant de graver l’ISO.

Le soft propose les deux options  d’image disque et de clonage :

–> device/image = disque ou partition vers image : auquel cas on fait une image disque ;

–> device/device = disque à disque ou partition à partition, auquel cas on fait un clonage.

Il existe plusieurs tutos en français, le meilleur est celui de LeCrabeInfo, qui propose un pas-à-pas de la procédure :

Pour la partie restaurer votre système avec Clonezilla, vous pouvez aussi vous servir de ce tuto de Fredzone, et de celui d’OctetMalin, certes moins convivial, mais qui peut compléter le précédent.
Bien entendu, Clonezilla est un programme Linux, et les linuxiens ont également de nombreux tutos en fonction de leur distribution. Pour Ubuntu, voir ici par exemple.

EaseUS Todo Backup Home : logiciel commercial , V10.6 fin 2017, pour Windows 7 à 10. Propose d’emblée le français. Fait des images-disques, mais PAS des clonages dans la version gratuite, il faut donc la version payante Home, entièrement fonctionnelle en version d’essai 15 jours, à télécharger et à utiliser au moment du clonage d’un disque.

On peut se servir du tuto de Logithèque, ou celui du site d’Easeus, en français. Minimachines utilise EaseUs Todo Backup version d’essai, en insistant sur les aspects matériels : quel disque, comment on le branche, comment on le réinstalle dans le boîtier. Les Numériques proposent aussi un tuto avec la version d’essai.

Conseils pour terminer

N.B. sur internet, vous trouverez une multitude de listes de logiciels de sauvegarde, de comparatifs de logiciels de sauvegarde, et de programmes de sauvegardes. Plus ils sont gratuits bien que merveilleux, plus vous devez vous méfier !

Ne vous écartez pas trop des conseils fournis ici ! A la fois sur les programmes à utiliser et sur les sites de téléchargement. Et soumettez les fichiers téléchargés à un scan antivirus, et si savez faire, vérifier l’empreinte (checksum) des fichiers téléchargés.

Les opérations d’image disque et de clonage sont plus délicates que celles de sauvegarde ! Ne les tentez que si vous vous en sentez capable, sinon demandez de l’aide (et une animation, comme on l’a fait pour la sauvegarde).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.